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Samedi 10 octobre 2009

Samedi prochain je serai, à l'invitation de l'association Des rives, à la librairie Tournez la page à Combourg à 15h.


Par Hervé Eléouet
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Mardi 11 août 2009
A la place d’écrire ces lignes, je rangeai mon bureau. C’est la raison pour laquelle il n’y a pas de chronique aujourd’hui. Ni de varan. Ni de théorie scientifique. Ni de critique littéraire. Ni de je ne sais quoi. Ni d’autres choses. Ni d’étoiles dans les cieux. Ni de pont de Recouvrance.
J’ai mis la main sur une radio de mon pied. A force de ranger mon bureau. Le ménage est la paléontologie qui mène au pied. Que ne découvrirais-je en nettoyant ma cuisine ? Des vestiges d’autrefois. Les premiers temps du monde. Une miette préhistorique. On en tirerait la façon qu’eut de vivre Neandertal. Ce qu’il prenait au petit déjeuner (une crêpe avec de la confiture de framboise) et comment il mourut.
Mon pied me dévisage. Mon pied vieux de huit ans. J’avais un tarse et des métatarses. Comme aujourd’hui. C’était une drôle d’époque. Les radios sont formelles. Avec le recul, je me demande si je n’avais pas un peu l’air fatigué. Je devais couver une angine. Ou bien le gros orteil me démangeait. Les paléontologues du futur en débattront. Elles sont au fond du tiroir de gauche. Dans une enveloppe verte.
Par Hervé Eléouet
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Lundi 27 juillet 2009
La relativité restreinte est, comme son nom l’indique, restreinte à la cuisine. Dans toutes les autres pièces, c’est la relativité générale qui s’applique.
L’idée de restreindre la relativité dans la cuisine émane au début du vingtième siècle d’un physicien très important ; lequel, observant sa cuisine, estima comme toutes les choses y seraient facilement moins relatives. Quant aux motifs pour lesquels il cherchait désespérément une pièce où restreindre la relativité, ils restent bien mystérieux. La plupart des physiciens se contentaient de la relativité générale sans se poser de questions. Il ne leur serait pas venu à l’esprit de restreindre quoi que ce soit, dans la cuisine ou ailleurs.
Encore moins dans la cuisine qu’ailleurs, serai-je tenté d’écrire. Je suis tenté d’écrire bien d’autres choses, et particulièrement ma façon de penser à l’inventeur de la relativité restreinte à la cuisine, mais une politesse excessive retient mon crayon qui pose un point final et grand seigneur à cet exposé.
Par Hervé Eléouet
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Mardi 21 juillet 2009
Abordons le difficile sujet de la relativité restreinte. Lundi prochain. Pour l’heure, abordons le difficile sujet des petits chevaux. Ils sont six. Deux pour chacun des participants. On lance un dé qui roule sur la nappe du salon. Rouge à pois blancs. Avec beaucoup d’espoir et la conviction d’obtenir un six. Ou n’importe quel autre chiffre. Compris entre un et six. Approprié. Propre à ce qu’on mange le petit cheval d’un concurrent. A ce qu’on gravisse un échelon dans le sprint final. A ce qu’on sorte de l’écurie. Quand on tombe sur un sept, le dé est pipé.
La prohibition du dé à sept faces remonte à la nuit des temps. Autant dire que les choses ne sont pas prêtes de changer. Les esprits les plus audacieux n’envisagent aucun progrès de ce côté-là. « Quid de la septième face du dé ? » interroge parfois l’hurluberlu. Mais sa question se perd dans le silence. Nul n’écoute. Il semble naturel aux êtres humains que le règne du dé à six faces dusse être perpétué ad machinchose. Evidemment, je me doute bien que « dusse » n’est pas la conjugaison adéquate. Mais, pour ne rien vous cacher, le stylo m’emporte et je continue nonchalamment  le tracé que griffonne à la feuille une pointe incertaine. Trop tard pour « dusse ». Le paragraphe s’achève. Inutile de réclamer que j’y revienne.
S’il faut vous cacher un truc, ce serait le peu de chance que j’ai de tirer du dé à six faces et des petits chevaux la conclusion philosophique où le lecteur étonné songera qu’on est bien peu de chose et comme tout est une question de petit cheval. Un tempérament probe et rigoureux ne me permet guère de dissimuler ce peu de chance. Concluons plutôt qu’il pleut. Les petits chevaux sont sur la table du salon. Les varans de Komodo batifolent aux sous-bois de Komodo. Les lecteurs avertis auront remplacé machinchose par vitam aeternam.
Par Hervé Eléouet
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Mardi 14 juillet 2009

XI

Le soleil brille. A cause de l’été. Il brille par les carreaux de la bibliothèque et par son mauvais caractère. Tout là-haut ce ne sont qu’éruptions, magma, lave en fusion, que sais-je ? Une vieille dame grincheuse attise de son soufflet les flammes de l’enfer. Je m’endors à la bibliothèque. Telle est ma punition.
Pour avoir commis toutes sortes de crimes effroyables. J’ai mangé le chat de mes voisins. Négligé de payer les factures. Assassiné mon arrière grand-oncle afin de toucher l’héritage. Bref, si quelqu’un mérite l’enfer, c’est moi. Que l’on dérobe un œuf ou une autruche à son prochain, il ne faut pas s’étonner plus tard de s’assoupir à la bibliothèque. Les méfaits se payent toujours. On s’endort sous le soleil d’été, qu’attise une vieille dame grincheuse. D’un rayonnage L’histoire générale des techniques nous contemple. En cinq tomes. Avec Le grand livre international des arbres et Le monde animal en 13 volumes. L’homme, qui s’endort à la bibliothèque, est dans le volume XI. Il précède les galéopithèques et les chauves-souris. Le chimpanzé le devance. Les pangolins et les édentés sont après lui.
Cette présence de l’homme dans le volume XI prête à rêver. Les hippopotames et les caprimulgiformes ne sont pas très éloignés. Quant aux mollusque échinodermes, huit volumes nous séparent. C’est beaucoup et peu à la fois. Nous ferions bien d’y songer quand on croise un escargot dans la rue. Ou au cinéma. Au supermarché. En revenant de la plage. Enfin dans toutes les situations où l’on croise des escargots. Les situations où l’on n’en croise pas nous laissent libres de penser à autre chose. A la lune. Aux étoiles. Aux varans de Komodo.
Par Hervé Eléouet
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Lundi 5 janvier 2009

Probablement sommes-nous la veille de 2009. Cela expliquerait les calendriers, les agendas, les plus grands exploits sportifs de l'année 2008 à la une des journaux, en dessous de la guerre et des malheurs du monde, enfin que la municipalité de Brest nous présente ses meilleurs voeux dans les panneaux d'affichage Decaux. Nous le saurons bientôt. Nous le saurons au paragraphe suivant. J'ai la ferme intention d'écrire le paragraphe suivant d'ici quelques jours. C'est bien le diable si je ne me suis pas renseigné sur l'année en cours.
C'est 2009. Depuis jeudi. Sans contestation possible. Ou alors elle nécessite afin de l'appuyer qu'on fourbisse de sérieux arguments. Or, cet effort de réflexion me fatigue d'avance : je n'ai pas le courage de nier 2009. On voit que la paresse y continue comme en 2008 à gouverner la présente rubrique. C'est rassurant. Mon style n'a pas changé depuis le premier paragraphe. A quoi bon, dès lors, se formaliser ? Fermons les yeux. Les varans sont toujours là.
Mille questions se profilent à l'horizon. Si 2009 est composée de semaines en nombre  conséquent, elle ne suffiront pas pour y répondre. Je suis résolu d'explorer les mystères de l'âme humaine, du pithécanthrope et du tyrannosaure brestois. Rien n'est évident comme un tyrannosaure à Brest. Il s'agit d'une bête préhistorique qui dévore les Brestois pour son goûter. On ne peut pas le manquer. On peut juste essayer de s'enfuir à toute vitesse. Mais le plus souvent le tyrannosaure vous rattrape. La dernière fois c'était en plein milieu du crétacé, la ville n'existait pas encore. L'absence du tyrannosaure à Brest depuis cette période est un sujet inépuisable. On peut se demander si jamais l'homme en fera le tour. Aussi est-ce humblement que je compte aborder le tyrannosaure brestois. On verra bien ce qu'il en sortira.

Par Hervé Eléouet
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Lundi 28 juillet 2008
Nous parlerons de pithécanthrope lundi prochain. On ne peut pas l’aborder aujourd’hui. C’est un sujet pour la semaine suivante. Les raisons qui rendent l’exposé du pithécanthrope et de ses habitudes alimentaires ou de son mode de vie – voire de la théologie et des axiomes mathématiques qu’il professa dans le néolithique, inappropriés le lundi 28 juillet 2008 sont nombreuses. Les énoncer maintenant serait trop fatigant. Puis cela prendrait de la place. On peut se figurer qu’elles occuperaient les trois paragraphes et le varan du présent spaghetti. Or, d’importantes considérations réclament toute notre attention ; inutile de protester : le pithécanthrope sera pour lundi prochain et je n’ai pas le temps d’expliquer pourquoi.
L’heure est au stylo. C’est la saison d’écrire une poésie. Elégiaque. Encore que je ne sache pas exactement le sens de ce mot. Ouvrons le Petit Robert. C’est un aspect du dictionnaire qu’on ne le trouve pas quand on en a besoin. J’ai remarqué la même impossibilité de mettre la main sur un marteau, un clou et la boîte d’allumettes à l’instant de préparer le barbecue. Non que j’utilise un marteau ou un clou pour préparer le barbecue. Je ne suis pas à ce point dépourvu de barbecue qu’il me faille en bâtir un devant que d’y cuire des merguez. Mais le Petit Robert se dissimule probablement sous une pile de trucs, quelque part, ici ou là, et je ne peux m’empêcher de songer que l’élégie est une bien belle chose dont je ne connais pas plus que ça l’histoire, l’étymologie, la définition et les conséquences secondaires de son usage intensif un jour d’été.
Qu’à cela ne tienne ! Deux vers me viennent à l’esprit, qui sont certainement appropriés au style élégiaque, parce que j’ai du mal à imaginer qu’ils ne puissent être appropriés à quelque forme poétique jamais conçue dans la littérature :
Au jour du jugement dernier
J’ai trois œufs durs dans mon panier
C’est un début. La suite promet d’inépuisables délices. J’avoue que l’état d’exaltation qui est le mien, et l’évidence où je me prélasse d’écrire un chef-d’œuvre ne laissent pas de nourrir une angoisse bien compréhensible qui est caractéristique des grands auteurs occupés aux plus vastes sujets. Je continuerai cela après une petite sieste.
Par Hervé Eléouet
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Mercredi 23 juillet 2008
Les trucs sont de grandes choses. On les admire. On ne peut pas s’empêcher d’y voir le soleil au dessus de la montagne et la mer qui clapote au levant. Ou d’y respirer le parfum des fleurs. Ce sont d’indéfinissables bidules. Il faut pour bien les évoquer cultiver des images et semer des métaphores.
A quoi bon ? La culture des métaphores dans l’évocation des trucs est un sujet décourageant. On y perd ses plus belles années. A la fin, on s’assied sur une chaise avec du vague à l’âme. Ces choses là sont des machins, soupçonne-t-on vaguement, et je voudrais plutôt boire l’apéritif par un après-midi d’été.
Quand il s'agit de trucs, les varans de Komodo sont dubitatifs. Ils s’allongent au soleil sur une plage du Pacifique. Ils regardent l’horizon. En pensant chose. Machin. Bidule.
Par Hervé Eléouet
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Mercredi 16 juillet 2008
Le tour de la France à bicyclette attaque les Pyrénées. Les Pyrénées se défendent par des cols de légende. On y croise des milliers de spectateurs. J’ai souvent franchi le Tourmalet. Seul en tête. Enfant. Dans la côte qui mène à Coatanscour. Plusieurs fois par jour. L’été. En buvant du chocolat et en mangeant des tartines.
Le vélo vient de la bicyclette, voire de la draisienne et du célérifère. On peut affirmer que Cro-Magnon ignorait la bicyclette, mais que la bicyclette était en germe aux époques lointaines où Cro-Magnon chassait le mammouth et récurait les dents de sabre des tigres qu’il avait attrapé. Pour s’en faire des colliers. Il y gravait des dessins et des signes mystérieux. Les archéologues ont ainsi retrouvé des encouragements à Bernard Hinault inscrits sur des dents de tigres préhistoriques. On ne peut pas douter que le vélo fut dans toutes les têtes. Le Tourmalet s’était déjà donné la peine de surgir au terme d’un plissement hercynien de longue haleine.
« Pédale, mon gars » disait Confucius. Il disait cela cinq cents ans avant Jésus-Christ. A ses disciples. Avant même que le premier vélo n’existât. Ce qui prouve bien l’esprit d’avant-garde et d’à propos du grand philosophe. On peut dire sans hésitation que Confucius aurait écrit volontiers dans L’Equipe. « Le grand bonheur de pédaler consiste à pédaler », ajoutait-il plein de bonne humeur. On voit le bout de la route quand on rentre chez soi. La côte de Coatanscour est loin derrière. On l’a franchi seul en tête. A Komodo, les varans applaudissent.
Par Hervé Eléouet
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Lundi 7 juillet 2008
A force de poésie on dompte des mustangs. Le mustang de l'amour, le mustang du temps qui passe et le mustang du réveil-matin. On cueille un pic-vert sur le bord du talus. On batifole à travers des champs qui sont les champs de l'imagination. Les varans de Komodo se ramassent à la pelle. J'en étais à ce point de mes réflexions lorsque j'aperçus Laurent Jalabert. Au Super U. De Keredern. Achetant des bananes (code balance 12) et du chocolat. Il signait un vélo.
Ne cachons pas qu'il se trame des événements. A Brest. L'univers entier semble s'y être donné rendez-vous, Laurent Jalabert en tête. Il n'est plus question que de signer des vélos. Quant aux rond-points, des grands mâts et des mâts de misaine y sont fichés. En hommage au cyclisme. Des bus publicitaires, signe de publicité, sillonnent la rue de Siam. Aux couleurs du Télégramme. Bref, des haubans et des dérailleurs glissent nonchalamment le long de la spirale cosmique. (L'univers est un tire-bouchon. Je le tiens de Jean-Luc Autret.) A force de signer des vélos, les bateaux à voile finiront par accoster. Telle est la morale des choses.
L'été commence ainsi, qui précède l'automne. Les pic-verts des bords de talus prendront des teintes orangées, avant de perdre leurs plumes : elles joncheront le sol en un tapis moelleux de duvet tendre. On se prend à rêver de l'automne au début de l'été. Les feuilles mortes se rappellent à la masse. Par un jour de grand vent. En prenant le bus. Afin de taper ceci. Chez Patrick Thuillier. Qui n'a pas de virus sur son ordinateur.
Par Hervé Eléouet
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