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Mardi 15 janvier 2008
La lumière nous attire, dit le philosophe1. « On y voit plus clair » souligne l’électricien. En appuyant sur l’interrupteur. Les électriciens philosophes méditent sur la tentation de l’interrupteur ; ils se tiennent le menton dans une main et l’autre main soutient le coude ; à leur pied traîne une caisse à outils. Ils sont dubitatifs. Ils songent aux interrupteurs. A la lumière. Aux étoiles. Qui attirent les cosmonautes et les martiens. Quand les chandelles happent les amoureux. Les cierges celles et ceux qui brûlent un cierge. Et les phares des voitures provoquent la pluie. Elle traverse leur faisceau le soir, tandis que l’on rentre chez soi en marchant sur le trottoir et en courbant la tête.
Les électriciens philosophes soulignent poliment qu’on y voit plus clair. Puis ils rentrent chez eux. Le cœur content. Les fenêtres sont des rectangles jaunes. Les passants, depuis la rue, aperçoivent un morceau de cuisine ou de salon. Ou les reflets du téléviseur sur un plafond. Les égarés au fond des bois redoublent d’efforts. Ils se frayent un chemin parmi les ronces. Leurs vestes sont en lambeaux et les loups hurlent au clair de lune (le clair de lune attire les loups). Mais les égarés s’en sortent. Grâce au rectangle jaune. C’est celui d’une humble chaumière.
On y trouve une petite vieille. Quelquefois il s’agit de la demeure de l’ogre. Qu’importe. On échappe aux loups. Aux hyènes. Aux varans. A l’intérieur on y voit plus clair. On découvre la marmite où l’on rôtira ou bien une grand-mère qui regarde la télévision. Cela n’a guère d’importance. Seule comptait la fenêtre illuminée qui découpe un petit rectangle de lumière dans la nuit.

1 Jean-Luc Autret, Via luminensis, Gutemberg, 1460
Par Hervé Eléouet
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Mardi 8 janvier 2008
Les bigoudènes sont monocoiffes. Elles ne savent pas compter. Un grand cierge les surmonte. En dentelle. Chez les trigoudènes, il y a deux cierges. L’un au-dessus de l’autre. Et trois pour les quadrigoudènes. Elles ne savent pas compter. La coiffe des octogoudènes culmine à sept fois la hauteur d’une coiffe étalon. On frémit quand on pense aux difficultés rencontrées par les décagoudènes afin de conserver l’équilibre. Certaines icosagoudènes ont servi de référence pour construire des maisons de deux étages. Voilà pourquoi le pays bigouden ressemble au pays bigouden. Les maisons de deux étages atteignent dix-neuf coiffes au-dessus de Marie-Raymonde.
Cela montre l’importance des mathématiques. Que l’on sache ou non compter. Et de la broderie. Qui gouverne l’architecture. Il est peu probable qu’un gratte-ciel s’élève un jour dans Pont-l’Abbé. Quelle goudène supporterait ce fardeau ? On peut se promener tranquillement au bord de la rivière.
On se promène à Pont-l’Abbé, à Londres ou à Paris. Ou dans n’importe quelle autre capitale du globe. L’essentiel est de présenter ses vœux aux amis que l’on croise. On dit : « Bonne année ». Je vous souhaite quatre saisons. Cinq omelettes. Dix varans. Deux rond-points. Un pull-over. Des passages pour piétons.
Par Hervé Eléouet
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Lundi 31 décembre 2007

Autrefois j'allais à la messe de minuit à Pont l'Abbé, où je comptais les bigoudènes. Et les chants de Noël. Qui séparent les enfants de la fin de la messe. Sur un petit livret. Qu'on pose devant soi. Au sommet du banc. Qui tombe. Quand la personne devant soi se lève ou se rassied. Qu'on ramasse. Sur quoi l'on s'assied. Quand on se rassied. Si Dieu n'existait pas, les enfants ne s'assiéraient pas par mégarde sur le livret de la messe de minuit. C'est la morale des choses.
Les bigoudènes - en costume s'entend - sont dans la crèche. Avec le boeuf et l'âne. Et le petit Jésus. La messe de minuit ressemble à la messe de minuit. Quirinius était gouverneur de la province de Syrie. Les bergers gardent leurs moutons. Jésus dort dans une mangeoire. Il a fallu dire le "Notre Père" en se tenant par la main. Comme à la ronde. En signe de fraternité. Ou quelque chose comme ça. C'est l'influence de la télévision. De la Star Academy. Avant de chanter le "divin enfant", tout le monde s'applaudit.
Il faut s'inspirer du boeuf et de l'âne, a conseillé le curé. Je ne sais plus pourquoi. Je n'ai pas été très attentif. Dans la crèche au pied du sapin, chez ma grand-mère, le boeuf n'a plus qu'une seul corne. Cela incite à la réflexion. Je ne sais qu'en déduire. Mais la théologie ne permet pas qu'on décrypte aisément les mystères de Dieu. Il faut beaucoup méditer. Quoiqu'il en soit, Noël sera toujours Noël. On constate l'absence de varans et la présence de bigoudènes dans les crèches en 2007.

Par Hervé Eléouet
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Lundi 17 décembre 2007
La saison des calendriers touche à sa fin. Sans réelles surprises. 2008 commence le premier janvier. La saint Vincent tombe le jour de la saint Vincent et la sainte Marthe le jour de la sainte Marthe. Le calendrier du facteur est un almanach. On y découvre la carte du monde et le plan de Guipavas. Le code postal de Troyalach1. Jules César et Grégoire XII. Les heures des marées de Brest, reproduites avec l’autorisation du Service Hydrographique et Océanographique de la Marine. C’est très important. Sans autorisation du  Service Hydrographique et Océanographique de la Marine, on ne peut pas reproduire les heures des marées. Autant dire que la mer ne bouge plus. Tant qu’il se trouvera dans le Service Hydrographique et Océanographique de la Marine une personne responsable qui donnera l’autorisation de reproduire les heures des marées, l’océan restera l’océan. Avec ses pêcheurs. Ses oursins. Ses furies. Ses planches à voile. Que cette personne s’absente ou disparaisse et la face du monde est changée.
Heureusement, l’année prochaine encore, le pays part à vau-l’eau. C’est la morale de l’almanach du facteur : les grandes marées, en 2008, ont de forts coefficients devant elles.
Le calendrier de l’agence immobilière et le calendrier du magasin de fournitures de bureau mentionnent tous les deux le 29 février. Entre le 28 février et le premier mars. Ainsi que l’almanach du facteur. Et, surtout, le calendrier des pompiers. Bref, 2008 est bissextile. Pour tout le monde. Pour les pompiers. Les agents immobiliers. Les employés de bureau. Celles et ceux qui ont acheté l’almanach du facteur. C’eut été dangereux que 2008 fut bissextile seulement pour l’un ou l’autre. On imagine qu’un incendie se déclarant le 29 février d’une année non bissextile pour les pompiers causerait d’irréparables catastrophes. Mais la nature est bien faite. 2008 compte un jour de plus. Pour tout le monde. Même les girafes. Même les varans.


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Par Hervé Eléouet
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Lundi 3 décembre 2007
D’où vient qu’à 15h un varan frappe au carreau ? La question mérite d’être posée. Les questions qui ne méritent pas d’être posées sont : A quoi bon compter les girafes ? Que nous réserve l’avenir ? Sommes-nous des éléphants ? Il faut toujours compter les girafes, de crainte d’en égarer une au Pôle Nord. Elles ne supportent pas les pingouins. Il s’agit d’un vieil antagonisme. Un peu mystérieux. Entre les girafes et les pingouins. Soyons diplomates. Ménageons ces deux espèces. D’autant que, sans intervention humaine, une girafe s’égare difficilement jusqu’au Pôle Nord. Ce qui accentue notre responsabilité. Elle est écrasante en matière de girafes et de pingouins. L’avenir est une vieille chose. Il ressemble à demain. Nous sommes tous des éléphants. Les magasins de porcelaine tremblent sur leurs fondations.
D’où vient qu’à 15h un varan frappe au carreau ? La question mérite d’être posée. Mais pas n’importe où. Pas n’importe quand. On voit bien que le monde est compliqué. Il y faut un varan. Une horloge. Un chez-soi (qui est mon chez-moi). Une ville de Brest et des trombes d’eau. Deux guerres mondiales. Une découverte des Amériques. Des hommes et des femmes de Cro-Magnon. Toute la préhistoire. Des diplodocus.
Mais d’où vient qu’à 15h un varan frappe au carreau ? La question mérite d’être posée. On y répond prudemment. On y répond comme on peut. On n’y répond guère. Allongé sur son lit. Tous ces diplodocus et ces trombes d’eau finissent par tourner la tête. Je préfère dormir. Bonne nuit.
Par Hervé Eléouet
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Lundi 26 novembre 2007

Il est question de troupeaux dans le dictionnaire. Qui s'agrandissent. Dont les membres se multiplient. Qui remplissent les prairies. De vaches. De moutons. D'autruches et de vers à soie. Les prairies débordent d'animaux. A quoi doit-on cela ? A l'influence de la lune. C'est écrit dans le Petit Robert.
"On la voit croître et décroître" avais-je affirmé lundi dernier. On n'affirme pas cela sans ouvrir le dictionnaire. Qui contient mille secrets. Qui donne l'âge du pithécanthrope. Où l'on découvre que les branchies céphaliques du spirographe (le spirographe est un annélide sédentaire) forment "un beau panache". Le panache de l'annélide est dans le Petit Robert. La lune aussi. On peut s'assurer de sa croissance et de sa décroissance. Le décroît de la lune apparaît dans l'ordre alphabétique. Au mot "décroît". "La lune est dans son décroît" précise-t-on en italiques. On peut à peine le contester. Il faudrait un scientifique vraiment têtu pour contester le décroît de la lune. Seul contre tous. Un cerveau considérable. Mais de tels savants ne naissent pas tous les jours. La lune peut encore décroître tranquillement pendant de longues années.
Cependant la stupéfaction (qui n'est, curieusement, pas associée au mot "soupière") gagne le lecteur quand il s'aperçoit que le croît n'est que le croît d'un troupeau. Car la lune, avec son croissant, ses quartiers, son clair de lune et son Pierrot, refuse catégoriquement que l'on utilise le mot "croît" pour désigner la période pendant laquelle elle croît. C'est une coquetterie de la lune. Elle agit sur les marées. Elle fabrique les loups-garous. A cause d'elle, les troupeaux débordent des prairies. De nombreux psychanalystes se sont penchés sur son cas. Ils se perdent en conjectures. Elle ne veut pas du mot "croît". C'est l'influence de la lune sur le Petit Robert

Par Hervé Eléouet
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Mardi 20 novembre 2007
La lune a de grands yeux. Elle ressemble à la lune. On la voit croître et décroître, et les loups-garous hantent la campagne au clair de lune. Les amoureux sont épris. Ils s’échangent des serments ou bien s’échappent d’une tour en pierre avec une échelle de corde. Au prix de mille dangers. La lune observe ces prodiges. Pierrot s’y promène en habit blanc avec des pompons noirs. Il a l’air bien mélancolique. Il songe à Colombine. Il regarde la terre. La lune est un livre d’images.
Les livres d’images parlent en alexandrins. Ils racontent la lune1. On sait grâce à eux que Molière ne commet pas de fourberie. Que Jean Sans Lune est un diadoque (dixit Mendoza). Que la guerre est meurtrière. On la dessine en rouge et blanc. Car c’est un album tragique. Heureusement, « tout espoir n’est pas encore perdu ».
L’espoir qu’on ne perd pas est le plus important de tous les espoirs. Même sur la lune. C’est la morale des choses. Chacun espère à sa façon. Les ruraux espèrent en campagnards, les urbains en citadins – les varans espèrent en lézards. Les petits rongeurs espèrent un bout de fromage, et celui qui place un piège espère attraper son mulot. Le jour espère le jour prochain et la nuit souhaite la nuit. Les amoureux espèrent une tour de pierre d’où s’échapper par une échelle de corde. La lune a de grands yeux. Elle ressemble à la lune.

1De Capes et de Crocs, t8 Le Maître d’armes par Ayroles et Masbou, aux éditions Delcourt
Par Hervé Eléouet
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Lundi 12 novembre 2007

La stupéfaction est générale. Elle se lit sur tous les visages. A l'exception d'un seul. Qui ne bronche pas. Qui reste impassible. C'est le coupable. Il n'est pas surpris quand Hercule Poirot dévoile que la soupière présente une large rayure sur sa base, manifestement infligée par un objet métallique, rayure qui ne s'y trouvait nullement trois jours auparavant. Ou Sherlock Holmes. Ou Rouletabille. Arsène Lupin. Miss Marple. Harry Dickson. Ou n'importe qui ayant le sens du théâtre et de l'à-propos. Quelqu'un qui sache lire dans les soupières. La veille du meurtre, la soupière n'est pas rayée. Ce détail compte. On confond les assassins par des soupières.
Voilà pourquoi il est prudent de s'entraîner à partager la stupéfaction de tout le monde. Au cas où l'on se trouve dans la nécessité d'assassiner par le biais d'une soupière sa grand-tante Adélaïde (ces choses là arrivent plus vite qu'on ne croit). Les assassins stupéfaits courent moins le risque d'être démasqués. On les remarque avec davantage de difficulté. Il existe très peu de livres où l'assassin est réellement stupéfait d'apprendre dans les dernières pages qu'il est l'assassin. Hercule Poirot serait bien embarrassé. Sauf dans le cas d'un coupable amnésique. Mais le doute subsisterait.
On s'entraîne à la stupéfaction en s'étonnant d'un rien. D'une feuille en automne. D'un flocon l'hiver. D'un nuage qui ressemble à la Tour Eiffel. Des moustaches du chauffeur de bus. De la cravate du présentateur du journal télévisé. Quand on reste bouche bée parce que le présentateur du journal télévisé a changé de cravate, on peut assassiner une grand-tante sans craindre la justice. C'est immoral mais c'est comme ça. Il ne faut plus s'étonner de rien. Tout peut arriver de nos jours. On voit un varan apparaître subitement dans ce paragraphe. A la stupéfaction générale.

Par Hervé Eléouet
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Lundi 5 novembre 2007

Bernard Trebaol n'est pas un pithécanthrope. Il ne taille pas de silex. Ne durcit pas la pointe de son épieu dans les braises du foyer. Chasse peu fréquemment le mammouth. Il écrit plutôt des romans, des nouvelles et des poésies. On a pu croire que Bernard Trebaol fut un pithécanthrope. N'avais-je pas écrit : "nous parlerons de pithécanthrope lundi prochain" ? Et j'ai parlé de Bernard Trebaol. Qui n'a rien de préhistorique. Il ne se promène pas un épieu à la main, ne taille pas de silex, ni ne se vêt de peau de mammouth. Ce serait un argument facile de prétendre que tout relève du pithécanthrope : on prouverait par a + b que les pavés brestois comme les varans de Komodo sont des vestiges ou des contemporains de l'homo erectus. Que nous sommes à l'époque de la pierre taillée. Que des tigres à dents de sabre guettent au coin des immeubles. Que nous vivons de chasse et de cueillette. Que sais-je encore ? Nous apprivoisons les diplodocus et nous invoquons les dieux de la forêt. 
C'est plutôt que lundi prochain sera toujours lundi prochain. Toutes les fois que lundi s'achève, sept jours plus tard un autre lundi renaît. Telle est l'irrévocable marche des lundis. On s'y perd. Devant tant de lundis, tous comparables en nombre d'heures, comment ne se jamais fourvoyer ? Comment savoir exactement, chaque lundi, si d'aventure nous ne serions pas lundi dernier ? On se raccroche comme on peut au lundi du jour, et puis le prochain sera le suivant. 
On voit bien que le temps passe. La barbe du guichetier de la poste grisonne à vue d'œil. La semaine dernière, c'était une guichetière. Les enveloppes n'en sont pas moins dûment affranchies, et le courrier s'en va jusqu'à Plobannalec ou Tombouctou. Les collectionneurs de timbres se frottent les mains. Ils ont de beaux jours devant eux. C'est ce qu'on se dit en rentrant chez soi d'un pas léger. Nous parlerons de pithécanthrope lundi prochain.

Par Hervé Eléouet
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Lundi 29 octobre 2007

On est toujours fieffé. Les fieffés mangeurs de pizza mangent bravement de la pizza. Les fieffés radins sont avares. Ceux qui prétendent le contraire sont de fieffés menteurs. Les fieffés allumeurs de réverbères regrettent le temps des réverbères. Les fieffés voyageurs intergalactiques sont nés un peu trop tôt. Les fieffés amateurs de varans voient des lézards partout. Les fieffés vauriens sont de drôles de vauriens. Les fieffées pizzas aux quatre fromages dégoulinent de tous leurs quatre fromages. On m’a rapporté le cas d’un fieffé Jules César qui se prend pour Jules César ; il s’habille en toge et consacre ses loisirs à conquérir la Gaule et à franchir le Rubicon.
Les fieffés arpenteurs de rues arpentent les rues. On les suit. Par groupe de douze. Il y a huit jours. En partant de l’église Saint-Louis. En descendant à Recouvrance. En remontant le Cours d’Ajot. En visitant le quartier du Merle Blanc. En marchant sur la passerelle au-dessus de la voie ferrée. (Les trains continuent de rouler sur la voie ferrée. Rien de neuf de ce côté là. Tout va bien.) Bernard Trebaol connaît personnellement les pavés brestois. On apprend qu’ils sont taillés dans une carrière au Brésil. Ou à Plobannalec. En Indonésie. En Terre de Feu. A Shanghai. Sur Mars. Je n’ai pas été très attentif. Mais ils sont taillés. En forme de pavé.
C’est très important. Que serait une ville sans pavés ? On ne saurait plus où mettre les pieds entre deux volées de marches ; il faudrait sauter de larges espaces vides ; un athlète confirmé s’y romprait les os ; que dire des voies piétonnes ? Ceux qui sont rouges veinés de gris viennent du Brésil. Les verdâtres d’Indonésie. Les bleutés du Groenland. Les verts à pois rouges de Mars. Ceux qui chantent une chanson lorsqu’on appuie dessus ont été façonnés par un tailleur de pierres mélomane un jour où le soleil brillait. Les plus anciens sont mystérieux comme l’Ile de Pâques.

Par Hervé Eléouet
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