Tout est une question de câble d’accélérateur. La vie. La mort. Les escargots. Que sais-je ? Les diplodocus. Qu’un câble
d’accélérateur se rompe ou se détache et rien n’est vain comme d’appuyer sur la pédale de l’accélérateur. Le philosophe éprouve la défaillance du câble en relativisant le câble. Mais il serre les
dents. Il est en retard. Tout le monde est en retard à cause d’un câble d’accélérateur. On manque une réunion. Un coup d’envoi. Le début des choses. Le premier acte. On a failli perdre le nord.
Manquer la lune. La femme qu’on aime. Le roi des Goths. Seulement si l’on a obtenu une audience extraordinaire auprès du roi des Goths. Ou même une audience ordinaire.
Le câble d’accélérateur est le lien qui nous attache au roi des Goths. C’est la morale des choses. Je ne serais pas surpris qu’un câble de mauvaise humeur
fût la cause de tensions diplomatiques. De précipitations venant par l’ouest. De grand soleil sur le reste du pays. Bref, on ne peut pas se retenir de penser que le monde est un câble
d’accélérateur ou quelque chose du genre. Aussitôt qu’on établit ce parallèle, une foule de considérations vous envahissent l’esprit. Je ne serais pas autrement surpris que cette chronique
révolutionne le microcosme intellectuel.
A force de rompre des câbles, on arrive, par je ne sais quel chemin fait de rêverie au bord de la route en attendant le dépanneur, jusqu’à toucher les rives
de Komodo, où les varans s’ébattent. Qu’ils s’ébattent ! Et nous réparerons nos câbles d’accélérateurs.