On ne compte plus les planètes. Elles remplissent le ciel. Elles tournent autour des étoiles. Elles composent l’univers. Avec
les trous noirs. Les particules. Les astéroïdes. Les varans de Komodo. On ne peut se figurer l’immensité de l’univers. Il ressemble à ce qui s’échappe d’une grille de loto. Les êtres humains ont
inventé le loto pour évoquer les étoiles, les trous noirs, les varans de Komodo et les extraterrestres. Qui sont une chance sur des millions. Une aiguille dans une botte de foin. L’existence des
extraterrestres est une case que l’on coche toutes les semaines en achetant des cigarettes.
Mais les voisins du dessus existent. Je les ai croisé. Dans l’escalier. Et ceux du deuxième étage. Ainsi que mes voisins du rez-de-chaussée. Tant de voisins
remplissent un immeuble. On en trouve qui sont de grands damiers. Ils composent la ville. Avec les trous noirs, les particules et les bureaux de tabac.
Mon grand espoir est que des extraterrestres mangent le chien de mes voisins du dessus. On ne peut pas en déduire que je ferais bien de jouer au loto. Ni de
me mettre à fumer. On en déduit plutôt que le monde est composé de voisins du dessus, de bottes de foin, de damiers. De varans.