A force de poésie on dompte des mustangs. Le mustang de l'amour, le mustang du temps qui passe et le mustang du réveil-matin.
On cueille un pic-vert sur le bord du talus. On batifole à travers des champs qui sont les champs de l'imagination. Les varans de Komodo se ramassent à la pelle. J'en étais à ce point de mes
réflexions lorsque j'aperçus Laurent Jalabert. Au Super U. De Keredern. Achetant des bananes (code balance 12) et du chocolat. Il signait un vélo.
Ne cachons pas qu'il se trame des événements. A Brest. L'univers entier semble s'y être donné rendez-vous, Laurent Jalabert en
tête. Il n'est plus question que de signer des vélos. Quant aux rond-points, des grands mâts et des mâts de misaine y sont fichés. En hommage au cyclisme. Des bus publicitaires, signe de
publicité, sillonnent la rue de Siam. Aux couleurs du Télégramme. Bref, des haubans et des dérailleurs glissent nonchalamment le long de la spirale cosmique. (L'univers est un tire-bouchon. Je le
tiens de Jean-Luc Autret.) A force de signer des vélos, les bateaux à voile finiront par accoster. Telle est la morale des choses.
L'été commence ainsi, qui précède l'automne. Les pic-verts des bords de talus prendront des teintes orangées, avant de perdre
leurs plumes : elles joncheront le sol en un tapis moelleux de duvet tendre. On se prend à rêver de l'automne au début de l'été. Les feuilles mortes se rappellent à la masse. Par un jour de grand
vent. En prenant le bus. Afin de taper ceci. Chez Patrick Thuillier. Qui n'a pas de virus sur son ordinateur.
Par Hervé Eléouet
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