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Lundi 28 juillet 2008 1 28 07 2008 12:42
Nous parlerons de pithécanthrope lundi prochain. On ne peut pas l’aborder aujourd’hui. C’est un sujet pour la semaine suivante. Les raisons qui rendent l’exposé du pithécanthrope et de ses habitudes alimentaires ou de son mode de vie – voire de la théologie et des axiomes mathématiques qu’il professa dans le néolithique, inappropriés le lundi 28 juillet 2008 sont nombreuses. Les énoncer maintenant serait trop fatigant. Puis cela prendrait de la place. On peut se figurer qu’elles occuperaient les trois paragraphes et le varan du présent spaghetti. Or, d’importantes considérations réclament toute notre attention ; inutile de protester : le pithécanthrope sera pour lundi prochain et je n’ai pas le temps d’expliquer pourquoi.
L’heure est au stylo. C’est la saison d’écrire une poésie. Elégiaque. Encore que je ne sache pas exactement le sens de ce mot. Ouvrons le Petit Robert. C’est un aspect du dictionnaire qu’on ne le trouve pas quand on en a besoin. J’ai remarqué la même impossibilité de mettre la main sur un marteau, un clou et la boîte d’allumettes à l’instant de préparer le barbecue. Non que j’utilise un marteau ou un clou pour préparer le barbecue. Je ne suis pas à ce point dépourvu de barbecue qu’il me faille en bâtir un devant que d’y cuire des merguez. Mais le Petit Robert se dissimule probablement sous une pile de trucs, quelque part, ici ou là, et je ne peux m’empêcher de songer que l’élégie est une bien belle chose dont je ne connais pas plus que ça l’histoire, l’étymologie, la définition et les conséquences secondaires de son usage intensif un jour d’été.
Qu’à cela ne tienne ! Deux vers me viennent à l’esprit, qui sont certainement appropriés au style élégiaque, parce que j’ai du mal à imaginer qu’ils ne puissent être appropriés à quelque forme poétique jamais conçue dans la littérature :
Au jour du jugement dernier
J’ai trois œufs durs dans mon panier
C’est un début. La suite promet d’inépuisables délices. J’avoue que l’état d’exaltation qui est le mien, et l’évidence où je me prélasse d’écrire un chef-d’œuvre ne laissent pas de nourrir une angoisse bien compréhensible qui est caractéristique des grands auteurs occupés aux plus vastes sujets. Je continuerai cela après une petite sieste.
Par Hervé Eléouet
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Commentaires

Les heureux varans scrutent l'horizon sereinement bronzent infiniment
Commentaire n°1 posté par Ólöf le 28/07/2008 à 15h32
je confirme, le plat de spaghetti est encore meilleur réchauffé, je viens de relire cette chronique et en savoure mieux ce goût unique de grand n'importe quoi ,que j'adore !
Commentaire n°2 posté par Sélène le 29/07/2008 à 12h17
On est en octobre... La sieste dure !
Commentaire n°3 posté par Olivier Cousin le 08/10/2008 à 23h00
Je découvre, redécouvre, avec plaisir. Je compte partager. C'est trop drôle.
Commentaire n°4 posté par Dan de Brest le 27/10/2008 à 11h28
rire du matin/ ça fait du bien. Est-ce une élégie ? merci en tout cas pour ces fantaisies épistolaires que je ferais bien de lire plus souvent
Commentaire n°5 posté par marie-therese le 09/11/2008 à 08h59
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